Une
prédication de la dernière heure (2)
Psaume
19 Dans
ma détresse, j'ai crié vers le Seigneur, et lui m'a répondu. *02 Seigneur,
délivre-moi de la langue perfide, de la bouche qui ment.
03 Que
t'infliger, ô langue perfide, et qu'ajouter encore ? *
04 La
flèche meurtrière du guerrier, et la braise des genêts.
05 Malheur
à moi : je dois vivre en exil * et camper dans un désert ! 06 Trop longtemps,
j'ai vécu parmi ces gens qui haïssent la paix.*07 Je ne veux que la paix, mais
quand je parle ils cherchent la guerre
Sœurs
et frères, nous ne sommes pas ces ouvriers de la première heure, ni ceux de la
dernière heure. Nous ne savons pas quelle heure il est dans le Royaume des
cieux. Nous ne pouvons-nous dire que ceci : le Royaume des cieux n’est pas la
rétribution de la tâche, c’est la tâche elle-même. Le Royaume des cieux n’est
pas la rétribution des œuvres bonnes que nous aurons accomplies en notre nom et
au nom de notre Seigneur ; le Royaume des cieux c’est d’avoir été invité à les
accomplir et de pouvoir les accomplir. C’est le l’appel, le contrat, la décision
de répondre, le travail, l’énergie dépensée et ce qu’on reçoit finalement. Et si
l’on reçoit des insultes plutôt que des louanges, et si l’on reçoit des coups
plutôt que des caresses, c’est encore le Royaume des cieux. Et si pour un
travail qui nous semble bien moindre que le nôtre d’autres se voient cent fois
plus gratifiés que nous, c’est encore le Royaume des cieux.
Car
dans le Royaume des cieux il n’y a pas de hiérarchie des tâches, ni des
rétributions. Chacun accomplit ce qu’il a pu accomplir, chacun reçoit ce qu’il
reçoit. Est-ce juste ou injuste ? Il en va de la véracité de la grâce de Dieu
qu’il en soit ainsi, il en va de la liberté, et de la nature même de Dieu qu’il
en soit ainsi. Et il en va de la vérité pécheresse de l’être humain que ça
grommelle dans un cas, et que ça fasse les malins dans l’autre cas. Allez savoir
pourquoi la parabole ne s’intéresse qu’à ceux qui grommellent…
Maintenant,
je voudrais faire observer qu’il y a, dans cette parabole, une très belle
promesse, et que cette promesse est celle d’une rétribution. Ce qu’on fait dans
le Royaume des cieux, dans l’esprit du Royaume des cieux, cela n’est jamais
perdu. Certes il faut parfois attendre, suer sous le soleil brûlant, porter tout
le poids des jours, souffrir la soif et la faim mais la promesse est là qui ne
peut faillir : ce qui est fait dans le Royaume des cieux, dans cette qualité
d’obéissance et d’engagement que réclame l’Evangile, ce n’est jamais en pure
perte pour celui qui choisit de l’accomplir.
Et
pour finir, une brûlante interpellation. Il n’y a pas d’ouvriers de la douzième
heure, parce qu’il n’y a pas de douzième heure dans le Royaume des cieux. Il n’y
en a pas parce que c’est maintenant que l’appel retentit, c’est maintenant, à
chaque instant, qu’il s’agit de travailler à la vigne du maître. Et la moindre
des tâches, civile ou ecclésiastique, que la vie nous suggère peut bien faire de
nous l’un de ces derniers qui, dans le Royaume des cieux, sont les
premiers.
Et
là, ne pensons surtout pas qu’on nous rétribuera. Notre joie, notre rétribution,
c’est juste de pouvoir servir. (Fin)
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