lundi 4 novembre 2013

L'invasion de l'Égypte par l’Italie


L'invasion de l'Égypte par l’Italie

Le 10 juin 1940, Mussolini tint un discours annonçant l'entrée en guerre de l'Italie sur la piazza Venezzia, à Rome, devant son peuple. L'Italie commettait ainsi une lourde erreur car elle n'était pas prête. En effet, avant même le discours du Duce, le maréchal Badoglio avait déclaré au Conseil des ministres que l'armée italienne ne disposait que d'une vingtaine de divisions préparées à 70% et d'une autre vingtaine à 50%. Au niveau de l'équipement, sa situation était catastrophique. Elle n'avait pas assez de chemises pour tous ses soldats. Presque tous les grands chefs militaires étaient opposés à son entrée en guerre. Mais, Mussolini ne tenait pas à annuler son projet qui consistait à reconstituer un Empire romain en prenant contrôle de la Méditerranée. En juin 1940, tandis que la France et l'Angleterre se trouvaient dans une mauvaise posture face à l'Allemagne, il décida de s'emparer de l'Égypte depuis la Libye.

La Libye était occupée par les Italiens depuis 1911. C'était le seul pays, avec l'Égypte, où le Sahara était en contact direct avec la mer. Son vaste territoire était constitué de deux zones habitées : la Tripolitaine et la Cyrénaïque avec, entre les deux, une zone désertique appelée la Grande Syrte. Les Italiens avaient bâti en Libye des villes ainsi que des réseaux routiers dont la fameuse via Balbia, longue de plusieurs centaines de kilomètres. Le maréchal Balbo, gouverneur général et commandant supérieur en Afrique septentrional, disposait au moment de la déclaration de guerre de 9 divisions métropolitaines de l'armée d'active, 3 divisions de chemises noires, 2 divisions libyennes et de nombreuses autres unités gardes-frontières. Au total, 250 000 hommes réunis dans deux armées : la Xe Armée, basée en Cyrénaïque, et la Ve Armée, en Tripolitaine. Toutefois, Balbo déclarait qu'il lui faudrait trois fois plus d'hommes et de matériels pour combattre les Britanniques. À cette époque, l'armée italienne présente en Afrique du Nord devait faire face à de nombreuses difficultés. Son équipement était insuffisant, périmé et défectueux. De plus, le gouvernement avait cherché à amener le confort à ses soldats au lieu de les aguerrir à la guerre du désert.

En face, le général Wavell, commandant les troupes britanniques du Moyen-Orient, avait sous ses ordres 86 000 hommes dont 36 000 en Égypte. Ces hommes constituaient la 7e division blindée du général O' Moore Creagh, la 4e division indienne du général Noel Beresford-Peirse, la 2e division néo-zélandaise du général Bernard Freyberg, 14 bataillons d'infanterie et 2 régiments d'artillerie. Ils manquaient de matériels, de munitions, de moyens de transport, de véhicules blindés et d'artillerie mais la plupart étaient des soldats de métier de bonne qualité. Durant les neuf premiers mois de la guerre, les forces du général Wavell restèrent "spectatrices". Wavell se contenta de soumettre ses hommes à un entrainement intensif. Avec l'aide du général sir Balfour Hutchison, il fit de l'Égypte une base pouvant assurer les besoins logistiques d'une armée de 300 000 hommes. Trois jours avant l'entrée en guerre de l'Italie, le général Richard O'Connor, commandant les forces britanniques en Palestine du sud, se vit attribuer le commandement de la Western Desert Force (Force du désert occidental), installée en Égypte, avec pour mission de protéger le territoire contre toute attaque ennemie. À la veille de la bataille d'Afrique, la Western Desert Force était constituée de la 7e division blindée, d'un groupe de soutien regroupant deux régiments d'artillerie tractée et de deux bataillons motorisés.

Dans la nuit du 10 au 11 juin, les Britanniques s'attaquèrent aux postes-frontières. Ils attendaient la nuit pour se déplacer discrètement dans le désert et attaquer. Le 11 juin, à 3h du matin, ils prirent d'assaut le fort Capuzzo, à la frontière entre l'Égypte et la Libye. Surprise, la garnison du fort fut faite prisonnière. Ces hommes figurent parmi les premiers prisonniers de la guerre du désert. Les premiers combats en Afrique du Nord se déroulèrent ainsi en escarmouches limitées. Le 28 juin 1940, un drame allait se produire. À 17h30, alors que le maréchal Balbo retournait d'un vol de reconnaissance sur Tobrouk, son appareil fut abattu par la DCA du San Giorgio. Les Anglais parachuteront sur le camp italien un billet au nom de l'armée anglaise :
« Les forces britanniques expriment leurs plus sincères regrets pour la mort du Maréchal de l'Air Italo Balbo, un grand condottiere et un valeureux aviateur que je connaissais personnellement et que le destin a mis dans le camp adverse...
Air Officer-Commander-in-Chief British Royal Air Force... Sir Arthur Laymore. »
Durant son vol, le maréchal avait reçu un message dont il ne put prendre connaissance. Dans ce dernier lui était donné l'ordre de lancer une offensive vers Alexandrie pour le 15 juillet, au plus tard. Le poste de gouverneur général et de commandant en chef des troupes d'Afrique du Nord était désormais libre. Le maréchal Graziani fut envoyé pour le remplacer tout en conservant ses fonctions au sein de l'état-major. Il arriva à Cirène le 30 juin et examina d'un oeil critique les dispositions prises pour la grande offensive de juillet. Il constata que le regroupement des troupes était trop lent à cause du manque de véhicules de transport. À cette époque, 30 000 camions étaient stationnés en Italie du Nord pour une éventuelle campagne en Yougoslavie. Graziani se trouvait ainsi dans une position difficile car ce n'était pas avec les camions dont il disposait qu'il pouvait assurer le ravitaillement et le transport des troupes jusqu'à Alexandrie. Le maréchal italien fera finalement reporter l'offensive au mois d'octobre.

Du côté anglais, l'inquiétude régnait car on se demandait si l'armée d'Afrique était prête à faire face aux Italiens. Si la marine et la Royal Air Force étaient à peu près prêtes, l'armée de terre n'était pas encore au point. Les Italiens jouaient gros car s'ils réussissaient leur plan, ils pourraient envisager de s'emparer du pétrole d'Iran et d'Irak. Le général Wavell fut convoqué par Churchill. Après une longue entrevue, Churchill décida de fortifier les abords d'Alexandrie et de transformer Marsa-Matrouh en un fort îlot de résistance capable de gêner les mouvements de l'ennemi. Il fut également décidé d'envoyer immédiatement en Égypte un bataillon de 52 chars lourds, un régiment de 52 chars légers, un bataillon de 50 chars d'infanterie, 48 canons antichars, 20 canons légers anti-aériens et 48 canons de campagnes.

Le 9 septembre 1940, les Italiens attaquèrent. Le plan italien prévoyait que :
- Deux divisions d'infanterie libyenne devraient attaquer Sollum et Halfaya, positions stratégiques importantes.
- Deux autres divisions d'infanterie, formant le 23e Corps, aux ordres du général Bergonzoli, devraient avancer vers Buq-Buq et Sidi Barani.
- Tandis que ces deux groupes progresseraient, un groupe blindé, dirigé par le général Maletti, opérerait un mouvement tournant sur Gabr-Salek, Sidi-Omar et Gabr bu Farès. Il devrait ainsi faire une incursion profonde dans le désert et assurer la protection du flanc droit des divisions d'infanterie.
Bombardées par la RAF et pilonnées par l'artillerie, les troupes italiennes progressèrent péniblement. Devant eux, les troupes du général O'Connor se replièrent sur une ligne de défense établie à Marsa-Matrouh. Le 13, les Italiens atteignirent Solloum, important pour ses points d'eau, et Halfaya. Le 15 septembre, ils s'emparèrent de Buq-Buq, puis, le 16, de Sidi Barrani après une avance de 100 km. C'est alors que Graziani donna l'ordre à ses troupes de s'arrêter et de consolider ses positions car ses hommes et son matériel étaient fatigués. Il ordonna aussi que l'on construise un aqueduc permettant de satisfaire les besoins de son armée en eau. Mussolini exigea que l'offensive reprenne au plus tard le 15 octobre 1940. Mais Graziani qui constatait la lenteur des travaux reporta cette date au 15 décembre.

Josué Matthieu

 

Rommel, Le Renard du désert


Rommel, Le Renard du désert

En février 1941, l'Italie se trouvait dans une mauvaise position. En effet, l'armée italienne était tenue en échec dans les Balkans et en Libye. Hitler ne pouvant risquer la perte de son allié italien, Benito Mussolini, envoya un corps expéditionnaire allemand en Libye. Celui-ci était placé sous les ordres d'un général qui ne tardera pas à se faire connaître pour son intelligence et son astuce sous le nom de "Renard du désert" : Erwin Rommel.

Le général Rommel arriva à Tripoli, par avion, le 12 février 1941. Transportés par navires, les premiers éléments du corps expéditionnaire suivirent. Ces hommes formaient l'embryon de ce qui allait devenir la Deutsch Afrika Korps. Rommel avait reçu ordre de protéger la Tripolitaine. Il devait attendre la fin de l'automne 1941 – c'est-à-dire quand les Soviétiques auront été vaincus – pour reconquérir la Cyrénaïque. Le général Gariboldi avait remplacé, le 11 février, le général Graziani, découragé et malade, comme commandant en chef en Afrique septentrionale. Cet homme était le supérieur direct de Rommel. Mais, les deux hommes ne s'entendaient pas. Ils n'avaient pas les mêmes méthodes, ni les mêmes buts, ce qui rendit les choses compliquées.

Le jour même de son arrivée, Rommel se livra à une étude minutieuse du terrain à bord de son avion de reconnaissance. Ses visites durèrent huit jours et le convainquirent que la défense de la Tripolitaine devait s'effectuer dans le secteur de Bouerat-Syrte, à environ 400 kilomètres au sud-est de Tripoli. Là-bas, une plaine d'une cinquantaine de kilomètres permettait un excellent emploi des blindés. Le général Gariboldi fit dégarnir le camp retranché de Tripoli et envoya des troupes dans le secteur de Bouerat-Syrte. Rommel envoya à l'avant un groupe de reconnaissance qui ne rencontra guère de résistance. Le 16, il arriva à Syrte et, le 24, il accrocha pour la première fois les Anglais. Rommel en conclut que les Britanniques n'avaient pas de plan offensif et qu'ils n'utilisaient leurs forces plus que pour la défense des passages entre la mer et les marais salants à El-Agheila et à Marsa-Brega. Il fit acheminer du matériel en Libye et demanda à la Luftwaffe d'attaquer continuellement les colonnes et les positions anglaises. La situation s'améliorait de jour en jour et les hommes reprenaient confiance. Il n'y avait plus aucune raison de demeurer passif. C'est pour exprimer sa volonté d'attaquer qu'il s'envola pour Berlin, le 19 mars, après avoir monté une offensive contre El-Agheila.

Du côté Britannique, tous les éléments que l'on n'estimait pas nécessaire sur place quittèrent le désert pour rejoindre le delta du Nil. On trouvait parmi ces hommes, les troupes victorieuses du général O'Connor qui furent remplacées par des troupes inexpérimentées. La 6e division d'infanterie australienne fut envoyée en Grèce et remplacée par la 9e division du général Morshead. Cette division souffrait de remaniement. Deux de ses brigades étaient parties pour la Grèce. Elles avaient été remplacées par des brigades beaucoup moins bien entrainées. De plus, l'état-major demeurait incomplet et manquait d'expérience. La 2e division blindée, commandée par Gambier-Parry et disposant de maigres forces, avait relevé la 7e division blindée. Pour couronner le tout, la RAF était affaiblie par les combats qui avaient eu lieu sur les autres fronts.

Une fois à Berlin, Hitler remit à Rommel la Croix de fer avec feuilles de chêne pour sa glorieuse campagne de France. Lorsque Rommel lui demanda la permission de lancer une grande offensive en Afrique du Nord, Hitler lui répondit de voir avec Von Brauchitsch. Ce dernier déclara que l'Allemagne n'avait pas l'intention de porter un coup décisif en Afrique et qu'elle n'enverrait aucun renfort supplémentaire. Il demanda à Rommel d'examiner à fond la situation et de préparer son plan pour le 20 avril afin de le présenter à l'état-major. Mais, d'ici là, les Anglais auront eu le temps de consolider leurs positions. Rommel décida alors d'attaquer sans la permission de ses supérieurs et avant que l'ennemi n'ait le temps de fortifier ses lignes.

Le 24 mars 1941, les défenseurs du fort d'El-Agheila aperçurent un nuage de fumée venant de l'ouest. Une colonne de véhicules se déplaçait et semblait vouloir les contourner. Les Allemands passaient à l'attaque. Pensant que l'assaillant était supérieur en nombre, le commandement Britannique décida de faire évacuer ses troupes vers Marsa-el-Brega et de laisser quelques hommes fixer l'ennemi. La colonne aperçue par les Britanniques était en réalité constituée de Volkswagen, déguisées en chars et trainant derrière elles des madriers ou des bâches pour dégager le maximum de poussière afin de leur faire croire à une attaque en force. 180 de ces véhicules avaient viré sur la droite des blindés attaquant de face. Les Britanniques furent surpris car ils ne croyaient pas les germano-italiens assez puissants pour attaquer.

Après la prise d'El-Agheila, l'offensive se poursuivit. Le 31 mars, Marsa-el-Brega tombait avec ses précieux points d'eau. Les colonnes anglaises battaient en retraite vers Agedabia. Rommel se lança à leur poursuite. Il prit Agedabia le 2 avril et décida de lancer ses troupes à l'attaque de la ligne Derna-Berta-Mechili, fortifiée par les Britanniques. S'il parvenait à s'emparer de cette ligne, le profit serait alors énorme. Le général Gariboldi s'opposa à son plan qu'il jugeait inexécutable. Mais Hitler, voyant que l'offensive de Rommel réussissait, lui laissa la liberté de manoeuvre. Le général allemand décida d'opérer un mouvement tournant sur la piste Agedabia-El Gaisa-Ben Gania-Tengeder-Mechili. Quand Gariboldi apprit cela, il répliqua que cette piste était impraticable. Rommel partit en reconnaissance et la jugea difficile mais praticable. D'ailleurs les Anglais l'avaient franchi alors pourquoi pas eux ? Rommel lança ses troupes dans le désert vers cinq directions différentes. Il voulait constituer un vaste râteau destiné à pousser les Anglais dans le secteur de Mechili où il pourrait les anéantir. Le 3 avril, le général Wavell vint inspecter en personne les troupes anglaises stationnées à Benghazi, accompagné de son meilleur spécialiste de la guerre du désert, le général O'Connor. À la suite de cette inspection, il fut décidé d'évacuer la ville. Wavell laissa O'Connor à titre de conseiller au général Neame, commandant les troupes de Cyrénaïque. Dans la nuit du 3 au 4 avril, Benghazi tomba aux mains de Rommel sans la moindre difficulté. La confusion régnait dans les lignes britanniques. Les réserves de carburant de Msous avaient été détruites.

Le 6 avril, Mechili, important centre de communications britannique, était atteint. La 7e division australienne, seule formation encore intacte à l'ouest de Mechili, se repliait sur la ligne Derna-Mechili. La 2e division Blindée avait cessé d'exister en tant que formation blindée. Les Allemands se regroupèrent autour de Mechili et, le 7, envoyèrent un petit détachement commandé par le colonel Ponath pour couper la route côtière près de Derna. La retraite des Britanniques s'accéléra. Les Australiens parvinrent à atteindre Tmimi sans tomber dans le filet tendu par les Allemands. En revanche, tous les éléments alliés encore à l'ouest étaient voués à la destruction, excepté quelques groupes qui réussirent à s'enfuir. Les généraux Neame et O'Connor, roulant de nuit entre Maraoua et Tmimi, perdirent contact avec leurs hommes, quittèrent sans s'en apercevoir, dans la poussière et l'obscurité, le gros de la colonne et s'égarèrent. Ils furent fait prisonniers par les Allemands. À Mechili, le général Gambier-Parry, à la tête de ce qui restait de la 2e division blindée, se trouvait pris au piège avec la 3e brigade indienne. Gambier-Parry rejeta les offres de capitulation que lui proposèrent les Allemands. Le 8 avril, les Britanniques tentèrent une sortie mais seul quelques éléments parvinrent à s'enfuir. Finalement, Mechili tomba aux mains des Allemands. Le général Gambier-Parry et ses hommes étaient fait prisonniers.

Le commandement britannique pensait que les Allemands ne pourraient pénétrer en Égypte aussi longtemps que Tobrouk resterait aux mains des Anglais. En effet, par le fait qu'elle soit située en arrière des lignes avancées, Tobrouk permettait aux troupes de Wavell d'attaquer les convois de ravitaillement et de mener la vie dure aux forces de l'Axe. Sa prise était ainsi nécessaire et Rommel fut contraint d'arrêter son offensive. De plus, la possession du port de Tobrouk et de ses installations permettrait aux Allemands de résoudre leurs problèmes logistiques. La ville était tenue par 30 000 hommes environ sous les ordres du général Morshead et ravitaillés par le port qui continuait à fonctionner malgré les bombardements. La résistance s'organisait. Les anciennes défenses italiennes étaient remises en état. D'importants stocks d'eau, de munitions, de vivre avaient été rassemblés. Le 11 avril, Tobrouk était encerclée.

Le 12, dans l'après-midi, la division Brescia donna le signal de l'attaque. Vers 16h30, la 5e division légère partit à son tour à l'assaut. Les chars de Rommel se trouvèrent arrêtés par un fossé anti-char que les Allemands furent incapables de détruire. Les défenses britanniques de Tobrouk s'étendaient beaucoup plus à l'ouest, à l'est et au sud de la ville que Rommel l'avait supposé. Rommel prit donc la résolution d'attendre l'arrivée de renforts avant de lancer une nouvelle attaque quelques jours plus tard.

Le 13 avril, la 5e division légère reçut l'ordre de pénétrer avec des éléments de reconnaissance à l'intérieur du périmètre fortifié, si possible jusqu'au carrefour de Sidi Mahmoud, et de faire sauter le fossé anti-char. La division Brescia devait détourner l'attention de l'ennemi en l'immobilisant par son feu dans le secteur ouest. Les manoeuvres de reconnaissance de la 5e DL échouèrent. Vers 18h, le 8e bataillon de mitrailleur du lieutenant-colonel Ponath attaqua. Son objectif était de neutraliser les obstacles anti-chars et de créer une tête de pont à l'intérieur du périmètre fortifié. Appuyé par l'artillerie, il parvint à pénétrer dans le système défensif ennemi et à constituer une tête de pont. Ainsi, les conditions préliminaires à l'attaque prévue pour le lendemain se trouvaient remplies.

Le 14 avril, à 0h30, l'attaque fut lancée avec le soutient de l'artillerie. Elle fut rapidement stoppée. Rommel fit alors retarder l'assaut contre Tobrouk et tenta de reprendre contact avec le bataillon de Ponath. Dans la nuit du 14 au 15, le contact n'avait toujours pas été rétablit avec le bataillon dont une grande partie avait été anéantie et son chef tué.

Le 16, à 17h, les chars de l'Ariete partirent à l'assaut de la cote 187, près du Ras el Madouer. Au lieu de contourner la colline par le sud, les équipages de chars se dirigèrent vers le sommet de la cote où ils s'arrêtèrent. Les canons britanniques prirent alors la colline pour cible et les chars italiens durent se replier afin de se mettre à l'abri. Rommel demanda à l'Ariete de reprendre la progression en direction du Ras el Madouer mais son commandant refusa. La prise du Ras el Madouer devenait de plus en plus importante car l'ennemi, depuis cette position, menacer les voies de communication passant par Acroma.

Le 17 avril, l'Ariete, dont le gros des troupes n'avait jamais essuyé le feu de l'ennemi, ne possédait plus que 10 chars sur les 100 dont elle disposait au début de la campagne. Tous les autres avaient été immobilisés à cause de problèmes mécaniques. Les attaques, lancées le 17 avril, furent une fois de plus en échec. Rommel était désormais convaincu qu'il ne pourrait remporter un succès contre les défenses ennemies avec les forces dont il disposait. Il décida de remettre l'assaut à plus tard, c'est-à-dire après l'acheminement de renforts et de matériel. En attendant d'être prêt, il soumit ses troupes à un entrainement intensif.

Le 30 avril, l'assaut contre le Ras el Madouer commença, vers 18h30, par une attaque de l'aviation allemande. Puis, l'artillerie allemande ouvrit le feu à son tour. L'attaque fut lancée. Au nord et au sud du Ras el Madouer, le front fut crevé sur une profondeur de 3 km. Les Britanniques se défendirent avec acharnement. Vers 21h, le sommet de la colline était conquis. Mais, le 2 mai, il devint clair que les troupes de Rommel n'étaient pas assez fortes pour lancer l'attaque d'envergure qui eut été nécessaire. Le général Rommel dut abandonner, une fois de plus, l'attaque.

Rommel organisa alors ses troupes en deux groupes : les troupes non motorisées, à qui il confia la mission de s'occuper de fronts statiques comme Tobrouk, et les troupes motorisées, devant rester disponibles pour des missions offensives et défensives. Entre-temps, le 25 avril, les Allemands s'étaient emparés d'Halfaya et les Britanniques avaient été repoussés jusqu'à Marsa-Matrouh, en Égypte. Rommel avait mis la main sur une importante quantité de ravitaillement. Fin mai 1941, les Allemands étaient maîtres de toute la Cyrénaïque, excepté Tobrouk.

Josué Matthieu

 

Mon carnet de bord

Mon carnet de bord
Chapitre 1
(Tous Droits Réservés)
Je suis né en 1939 dans une petite commune du département de la Mayenne. Issu d’une famille modeste, mon père était maçon et ma mère faisait des lessives pour les gens du village ; un détail qui aura son importance dans la suite de cet ouvrage, elle était catholique, elle pratiquait tant bien que mal sa religion car elle avait pour mari un communiste chevronné, doublé d’un ivrogne impénitent. A cette époque, période ce situant entre 1939 et 1945, la vie était dure et incertaine. J’ai pour souvenir, qu’un beau jour de printemps de 1944, mon frère Henri, mon ainé de huit ans, alliâmes ensemble au ravitaillement dans une ferme se situant à quelques kilomètres de chez nous. En effet, dans ce temps là les denrées alimentaires se faisaient rares et il fallait des tickets d’achat pour obtenir les aliments dont nous avions besoins. En chemin vers la ferme, chemin rocailleux, nous fûmes intrigué par des éboulements de gravas de chaque cotés du chemin et nous nous posâmes la question de savoir ce qu’ils pouvaient bien signifier. Notre curiosité fut bientôt satisfaite, le grondement et un bruit de chenilles de chars allemand vint jusqu’à nos oreilles. Nous nous précipitâmes dans les fourrés avoisinant attendant le passage d’un éventuel convoi, c’est alors que nous comprîmes le fait de ses éboulements, ceux-ci servait à élargir à certains endroits le chemin afin que les Blindés puissent se doubler. Lorsque le convoi fut passé, nous nous dirigeâmes de nouveau vers notre destination initiale, la ferme. Le long du chemin de terre, nous trouvâmes des douilles de mitrailleuse d’avions que nous nous amusâmes à enfiler dans nos doigts. Nous nous rappelâmes que deux jours avant, des bombardiers Canadien, des deux queues, comme ont les appelaient en ce temps là, étaient passé par-là pour largué leur bombes sur une usine qui fabriquait de l’acier. Ces douilles provenaient de tirs de mitrailleuses que les Nazis avaient utilisé pour essayé d’abattre ces avions « ennemis ». Enfin, nous voici arrivés à la ferme, la fermière, madame Belote, nous vit arrivé de loin et nous fit un signe amical de la main. Après l’avoir saluée elle et son mari, nous lui demandâmes si elle avait des œufs, du beurre et un canard à nous vendre ainsi qu’un morceau de cochon entrelardé, car le dimanche, ma mère avait l’habitude de faire mijoté un bon pot-au-feu avec des légumes de notre jardin. Nous arrivâmes au moment de la traite des vaches qui dans ce temps là se faisait à la main. Madame Belote nous proposa de boire un grand pot de lait tout chaud, elle plongea sa timbale dans le seau de lait et nous bûmes avec avidité le précieux nectar. Concernant nos achats et après avoir eu gain de cause auprès de la fermière, notre sac, en peau de chèvre, bien rempli, nous nous dirigeâmes de nouveau vers notre lieu d’habitation, pensant sans doute que notre retour serait plus calme que notre trajet pour nous rendre chez la fermière. Il n’en fut rien, car le long du chemin du retour, nous tombâmes sur une patrouille de soldats allemands en quête eux aussi de nourriture. Le pire, c’est qu’ils avaient avec eux un chien de guerre, un vrai molosse, genre Berger Allemand, cette brave bête, un vétéran de la guerre de 14, sans doute, avait une « bonne grippe », c’est dire qu’après nous avoir caché de nouveau, la patrouille et son chien passèrent sans nous détecter.
A suivre.
Auteur : Josué Matthieu
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dimanche 3 novembre 2013

La confiture aux fraises de ma mamie Odette


La confiture aux fraises de ma mamie Odette

La profusion de fraises m'a donné envie de confiture. Mais pas n'importe quelle confiture : la confiture aux fraises de ma mamie.

Cette confiture, j'en emporte toujours quelques pots dans mes valises quand je reviens de France mais malheureusement les stocks s'écoulent trop vite ! Traditionnellement faite avec les fraises du jardin de mon papi en Touraine (les meilleures : fraîches, bios et cultivées avec amour), la confiture est aussi très bonne avec les fraises de la Réunion.
Ce que j'aime dans la préparation de cette confiture et ce qui fait sa particularité, ce sont les fruits qui sont conservés en entier et ne sont pas mixés. Ceci apporte à la confiture une texture mixte, composée d'un mélange de jus de fraises et de fraises entières. Il est d'ailleurs préférable de la manger sur du pain en baguette pour éviter qu'elle ne coule à travers la mie ....

La texture de cette confiture permet de l'intégrer à d'autres préparations. J'utilise notamment cette confiture dans la préparation du sirop à la fraise et des yaourts à la fraise. Je partagerai ces recettes très prochainement. En attendant, voici la préparation de la confiture : La recette 1 kg de fraises 1 kg de sucre (Gare aux kilos !)

Équeuter et laver les fraises. Dans un saladier, mélanger grossièrement le sucre et les fraises entières (on peut couper en deux les très grosses fraises) et verser le tout dans une casserole.

Laisser mijoter à feu moyen-doux pendant 30 minutes environ. Remuer quelques fois durant la cuisson avec une cuillère en bois sans casser les fraises. Verser le mélange directement dans des pots à confitures et fermer immédiatement. Retourner le pot le temps du refroidissement avant de le conserver.

Mamie Odette

 

samedi 2 novembre 2013

Fleurs de courgette farcies


Fleurs de courgette farcies

Ingrédients : 18 fleurs de courgette ½ baguette
1 verre de lait 300g de viande de veau 1 gousse d’ail
10 cl d’huile d’olive 2 courgettes trompette cuites à la vapeur ½ botte de persil 10 feuilles de basilic
1 œuf 120g de parmesan râpé Sel 75cl de coulis de tomate fait-maison
Conserver les fleurs de courgettes ouverture vers le bas sur un plateau dans votre réfrigérateur pour qu’elles restent bien fermes. Faites tremper le pain dans le lait. Dans une casserole faites chauffer la moitié de l’huile avec la gousse d’ail en chemise, écrasée du plat de la main. Retirez la gousse qui ne sert qu’à parfumer l’huile, et ajoutez la viande coupée en tous petits dés. Laissez suez pendant 10 à 15 minutes. Lorsque le temps est écoulé, égouttez la viande et conservez son jus. Posez la viande sur une planche, ajoutez le persil et le basilic et les courgettes entières cuites. Hachez le tout au hachoir mécanique ou au couteau. Placez le mélange dans un saladier et incorporez à la spatule en bois la mie de pain trempée et pressée, puis l’œuf puis le parmesan. La farce doit être bien aérée, veillez à ne pas la tasser. Ajoutez alors le jus de veau, réservé précédemment.
Farcir chaque fleur à l’aide d’une petite cuiller, et aligne- les dans un plat. Arrosez avec la fin de l’huile d’olive et enfournez dans un four à 180°c pendant 20 min. Servez avec un coulis de tomate fait maison et quelques feuilles de roquette.

Christiane de la Mornay

 

vendredi 1 novembre 2013

La Belle et la Bête

La Belle et la Bête
 
Voyez ce que produit l’orgueil de cette petite créature, disaient-elles. Que ne demande-t-elle, des robes comme nous : mais non, mademoiselle voulait se distinguer ! Elle va causer la mort de notre père et elle ne pleurera pas. –Cela serait fort inutile, reprit la Belle, pourquoi pleurerais-je la mort de mon père ? Il ne périra point. Puisque le monstre veut bien accepter une de ses filles, je veux me livrer à toute sa colère et je me trouve fort heureuse puisqu’en mourant j’aurai la joie de sauver mon père et de lui prouver ma tendresse.
-Non ma sœur lui dire les trois frères, vous ne mourrez pas car nous irons trouver ce monstre, nous périrons sous ses coups si nous ne pouvons le tuer. –Ne l’espérez pas mes enfants, leur dit le marchand ; la puissance de la Bête est si grande qu’il ne me reste aucune espérance de la faire périr. Je sui charmé du bon cœur de la Belle, mais je ne veux pas l’exposer à la mort. Je suis vieux et il ne me reste que peu de temps à vivre ; ainsi je ne perdrai que quelques années de vie que je ne regrette qu’à cause de vous mes chers enfants.
-Je vous assure, mon père, dit la Belle, que vous n’irez pas à ce palais sans moi, car vous ne pouvez m’empêcher de vous suivre, là ou vous irez, j’irai aussi. Elle ajouta : quoi que je sois jeune, je ne suis pas attachée à la vie, et j’aime mieux être dévorée par ce monstre que de mourir du chagrin que me causerait votre perte, votre mort. On eu beau dire, la Belle voulut absolument partir pour le beau palais ou habitait le monstre, ses sœurs en étaient charmées parce que les vertus de cette cadette leur avaient inspiré beaucoup de jalousie.
Le marchand était si occupé à la douleur de perdre sa fille, qu’il ne pensait pas au coffre qu’il avait rempli d’or ; mais aussitôt qu’il se fut enfermer pour se coucher, il fut bien étonné de le trouver au pied de son lit. Il résolu de ne point dire à ses enfants qu’il était devenu riche, parce que ses filles auraient voulu retourner à la ville pour y vivre et qu’il était résolu de mourir dans cette campagne, mais il confia ce secret à la Belle qui lui apprit qu’il était venu quelques gentilshommes pendant son absence, qu’il y en avait deux qui aimaient ses sœurs. Elle pria son père de les marier ; car la Belle était si bonne que, malgré leurs défauts, elle les aimait et leur pardonnait de tout son cœur le mal qu’elles lui avaient fait. Ces méchantes filles se frottèrent les yeux avec un oignon pour pleurer lorsque la Belle partit avec son père ; mes ses frères pleuraient pour de bon aussi bien que le marchand, il n’y avait que la Belle qui ne pleura point parce qu’elle ne voulait pas augmenter leur douleur.
Le cheval s’engagea sur la route menant au palais et, sur le soir,  ils l’aperçurent illuminé comme la première fois. Le cheval alla tout seul à l’écurie et le bonhomme entra avec sa fille dans la grande salle où ils trouvèrent une table magnifiquement servie, avec deux couverts. Le marchand n’avait point le cœur à manger quoi que ce soit, mais la Belle, s’efforçant de paraître tranquille, se mis à la table et le servit. Puis elle se dit en elle-même : la Bête veut m’engraisser avant de me manger puisqu’elle me fait faire si bonne chère.
Quand ils eurent soupé, ils entendirent un grand bruit. Le marchand dit adieu à sa chère fille en pleurant car il pensait que son heure était arrivée et que c’était la Bête. La Belle ne put s’empêcher de frémir en voyant cette horrible figure, mais elle ce rassura de son mieux et, le monstre lui ayant demandé si c’était de bon cœur qu’elle était venue, elle lui dit oui en tremblant. A suivre….
 
Josué Matthieu

Esprit et Vie de juillet 2011

Lectures : Sagesse 12,13…19 ; Psaume 85 ; Romains 8 : 26-27 ; Matthieu 13 : 24-43
Esprit et Vie de  juillet 2011
Quel point commun entre les Évangiles de ce mois ? Apparemment difficile à déceler. Sinon qu'ils sont « Bonne Nouvelle » pour nous. Bonne Nouvelle d'un amour offert. Et comment Jésus offre-t-il son amour ? Quelle manière particulière a-t-il de nous aimer ? Allons à la rencontre de ces textes pour y découvrir comment il nous aime.
Il nous aime en faisant confiance à la terre que nous sommes. Il ne craint pas d'y jeter le bon grain de sa parole. Et quand survient du mauvais, il continue de faire confiance à la puissance de la bonté de son don et à la réceptivité de notre cœur pour vaincre toute ivraie.
Il nous aime dans le don qu'il nous fait de ces histoires de blé, de perle, de trésor, confiant en notre capacité d'y trouver les secrets de son cœur, que n'épuise aucune interprétation. Il nous aime en se faisant le chercheur de nos vies, nous espérant, nous cherchant parce que nous sommes de grand prix à ses yeux. Mais aussi nous offrant la possibilité de le trouver et de lui offrir notre pauvre amour.
Il nous aime en nous indiquant, par ses propres choix, des chemins de vie. Il aime en étant bouleversé par cette foule sans berger, ayant faim de pain et de beaucoup plus que du pain. Il aime par sa bénédiction qui fait de nos pauvres offrandes, une nourriture d'abondance.
Il nous aime par son choix d'un certain type de royaume. Pas celui qu'on obtiendrait par la séduction, la puissance, mais un Royaume de miséricorde, de partage, de libération, d'égale dignité de tous.
Il est des titres qui sont trompeurs. Est-ce vraiment la parabole de l'ivraie ? Cette parabole est d'abord en continuité de celle du semeur. Le semeur a semé du bon grain dans un terrain qui est bon. S'il sème ce qui est bon, c'est que lui-même est bon. Thérèse Couderc, disait de lui : « Il est bon, il est plus que bon, il est la bonté. » Bonté du grain, bonté de la terre, bonté du monde, bonté de l'homme qui sème, bonté de Dieu. Nous sommes dans le fondamental de la création : « Dieu vit que cela était bon » (Genèse 1,10). Et nous sommes dans le fondamental d'une création en histoire. Non pas un monde créé tout fait, statique, immobile. Ce qui est semé est pour une croissance, une création continuée : grain puis épi, puis blé. Entre semailles et moisson, il y a le temps de l'histoire, le temps de la liberté de veiller à la croissance de ce qui est bon. Responsabilité qui est nôtre. Être veilleur pour que la vie semée par Dieu vienne à maturité. Ce n'est pas du tout fait de toute éternité, immobile, c'est une semence riche d'avenir, un don à faire qui périrait s'il ne pouvait s'épanouir grâce à la bonne terre de nos vies, de nos réponses humaines, don et accueil qui vont ensemble porter à maturité la nouveauté de l'épi.
La question du mal
Ce titre trompeur est en cohérence avec la réaction des serviteurs qui se focalisent sur l'ivraie, leur question sur son origine et surtout leur doute : « N'est-ce pas du bon grain que tu as semé ? » Leur doute qui frise le soupçon. Mais leur question n'est-elle pas la nôtre ? Leur doute et leur soupçon ne sont-ils pas les nôtres ? Cette question du mal qui nous taraude tous, qui est souvent un obstacle à la foi. La réponse du propriétaire est la même que celle de la Genèse. C'est un ennemi qui a semé de l'ivraie. La Genèse parle d'un serpent qui insinue le doute dans le don qui est fait, qui insinue le doute dans la bonté du donateur.
Que faut-il donc faire ? Arracher au risque de détruire la bonté des épis de blé ? Ce serait faire le jeu de l'ennemi. Le propriétaire opte pour un autre choix. Celui de la confiance dans le blé semé et dans la terre qui participe à la nouveauté de l'épi. Confiance dans l'épi assez fort pour ne pas se laisser étouffer par l'ivraie. Dans nos vies, il y a du bon grain et de l'ivraie. N'est-ce pas une erreur de se focaliser sur l'ivraie ? L'homme de cette parabole nous conseille un autre chemin. Croire en ce qui est bon en nous, croire que ce qui a été semé en nous par Dieu est bon et le développer au maximum, en y mettant toute notre énergie, notre créativité. C'est le développement de la bonté en nous, une « apparence » de bonté qui fera se dessécher l'ivraie. Et non un arrachage volontariste qui risque de dessécher la vie en nous.