lundi 14 décembre 2015

Une prédication de la dernière heure (2)

Une prédication de la dernière heure (2)
Psaume 19 Dans ma détresse, j'ai crié vers le Seigneur, et lui m'a répondu. *02 Seigneur, délivre-moi de la langue perfide, de la bouche qui ment.
03 Que t'infliger, ô langue perfide, et qu'ajouter encore ? *
04 La flèche meurtrière du guerrier, et la braise des genêts.
05 Malheur à moi : je dois vivre en exil * et camper dans un désert ! 06 Trop longtemps, j'ai vécu parmi ces gens qui haïssent la paix.*07 Je ne veux que la paix, mais quand je parle ils cherchent la guerre
Sœurs et frères, nous ne sommes pas ces ouvriers de la première heure, ni ceux de la dernière heure. Nous ne savons pas quelle heure il est dans le Royaume des cieux. Nous ne pouvons-nous dire que ceci : le Royaume des cieux n’est pas la rétribution de la tâche, c’est la tâche elle-même. Le Royaume des cieux n’est pas la rétribution des œuvres bonnes que nous aurons accomplies en notre nom et au nom de notre Seigneur ; le Royaume des cieux c’est d’avoir été invité à les accomplir et de pouvoir les accomplir. C’est le l’appel, le contrat, la décision de répondre, le travail, l’énergie dépensée et ce qu’on reçoit finalement. Et si l’on reçoit des insultes plutôt que des louanges, et si l’on reçoit des coups plutôt que des caresses, c’est encore le Royaume des cieux. Et si pour un travail qui nous semble bien moindre que le nôtre d’autres se voient cent fois plus gratifiés que nous, c’est encore le Royaume des cieux.
Car dans le Royaume des cieux il n’y a pas de hiérarchie des tâches, ni des rétributions. Chacun accomplit ce qu’il a pu accomplir, chacun reçoit ce qu’il reçoit. Est-ce juste ou injuste ? Il en va de la véracité de la grâce de Dieu qu’il en soit ainsi, il en va de la liberté, et de la nature même de Dieu qu’il en soit ainsi. Et il en va de la vérité pécheresse de l’être humain que ça grommelle dans un cas, et que ça fasse les malins dans l’autre cas. Allez savoir pourquoi la parabole ne s’intéresse qu’à ceux qui grommellent…
Maintenant, je voudrais faire observer qu’il y a, dans cette parabole, une très belle promesse, et que cette promesse est celle d’une rétribution. Ce qu’on fait dans le Royaume des cieux, dans l’esprit du Royaume des cieux, cela n’est jamais perdu. Certes il faut parfois attendre, suer sous le soleil brûlant, porter tout le poids des jours, souffrir la soif et la faim mais la promesse est là qui ne peut faillir : ce qui est fait dans le Royaume des cieux, dans cette qualité d’obéissance et d’engagement que réclame l’Evangile, ce n’est jamais en pure perte pour celui qui choisit de l’accomplir.
Et pour finir, une brûlante interpellation. Il n’y a pas d’ouvriers de la douzième heure, parce qu’il n’y a pas de douzième heure dans le Royaume des cieux. Il n’y en a pas parce que c’est maintenant que l’appel retentit, c’est maintenant, à chaque instant, qu’il s’agit de travailler à la vigne du maître. Et la moindre des tâches, civile ou ecclésiastique, que la vie nous suggère peut bien faire de nous l’un de ces derniers qui, dans le Royaume des cieux, sont les premiers.



Et là, ne pensons surtout pas qu’on nous rétribuera. Notre joie, notre rétribution, c’est juste de pouvoir servir. (Fin)

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